La langue comme politique : le Québec resserre l'immigration autour de la maîtrise du français
La province de Québec rejoint maintenant l'Australie, le Royaume-Uni, la France, et d'autres en augmentant les exigences de compétence linguistique pour les immigrants. Cette semaine, le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration a annoncé plus de limites sur la migration temporaire et permanente pour réduire la pression migratoire. Quelques-unes de nos conclusions :
- La langue comme identité et levier politique
Le communiqué de presse dit : "Le français, comme langue officielle, constitue un pilier clé de son identité culturelle et sociale. C'est le vecteur de l'intégration des immigrants." À lire : vous devez parler français pour appartenir. La langue est plus que la fluidité, c'est un symbole culturel et social.
Cela reflète un changement à long terme qui se produit dans les pays à surplus d'immigration, passant d'une migration à grande échelle à une assimilation à grande échelle.
- Exigence de compétence en français pour les travailleurs étrangers temporaires (TET)
À partir du 17 décembre 2028, les TET qui sont au Québec depuis 3+ ans devront avoir le niveau 4 de français parlé pour renouveler leur Certificat d'acceptation du Québec (CAQ). Il y a une période transitoire de 3 ans (2025-2028) pour aider les travailleurs à atteindre ce niveau, et des exemptions existent pour les travailleurs agricoles, les diplomates et les employés d'ONG.
C'est inhabituel au niveau mondial. Très peu de juridictions conditionnent le renouvellement du travail temporaire à la compétence linguistique, et c'est un signe que même ceux qui sont dans la province pour une courte période devraient faire un vrai effort pour parler la langue au quotidien.
- Consolidation des programmes d'immigration permanente
Le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) est aboli (19 nov. 2025).
Tous les flux permanents sont fusionnés dans le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui bien sûr priorise les travailleurs francophones, répartis régionalement. Nous prédisons que pas mal de travailleurs hautement qualifiés anglophones qui avaient de très bons scores au CRS pourraient être contrariés par cela, mais d'un autre côté ils ont un généreux 3 ans pour atteindre le niveau requis, et nous lisons que le niveau 4 est essentiellement équivalent à A2/B1.