Intégration à long terme pour les personnes de retour et les réfugiés

Les personnes de retour et les réfugiés arrivent dans des circonstances différentes, mais les défis d'intégration à long terme se recoupent. Les deux groupes font face à la même tâche fondamentale : construire une vie dans un endroit qui ne ressemble pas encore tout à fait à un chez-soi.

Langue et emploi

La maîtrise de la langue du pays d'accueil est le meilleur prédicteur des résultats en matière d'emploi pour les immigrés. Les Perspectives des migrations internationales 2025 de l'OCDE indiquent que les immigrés entrant sur le marché du travail gagnent 34 % de moins que les travailleurs nés dans le pays, à âge et sexe identiques, dans 15 pays de l'OCDE. Cet écart tombe à 21 % au cours des cinq premières années, et l'acquisition de la langue en est un moteur majeur.

70 % des immigrés dans l'UE ayant vécu dans leur pays d'accueil depuis dix ans ou plus déclarent une maîtrise avancée de la langue locale. Parmi les arrivants récents, ce chiffre est de 40 %.

Pour les personnes de retour, le défi est différent. Vous parlez la langue, mais le vocabulaire professionnel a peut-être évolué. Les expressions idiomatiques ont changé. La communication en milieu de travail s'est transformée pendant votre absence.

Pour les réfugiés, des programmes de formation linguistique formels sont largement disponibles dans les pays de l'OCDE. L'étude 2024 du Parlement européen sur l'intégration au marché du travail a conclu que la formation linguistique combinée à un accompagnement à l'emploi produit des résultats nettement meilleurs que l'une ou l'autre intervention seule. Recherchez des programmes qui associent l'apprentissage de la langue au vocabulaire spécifique à un secteur.

Reconnaissance des diplômes

Les qualifications professionnelles obtenues à l'étranger peuvent ne pas être reconnues localement. Une personne de retour titulaire d'un diplôme étranger devra peut-être passer par un processus de reconnaissance. Un médecin, ingénieur ou enseignant réfugié devra presque certainement le faire.

La Directive 2005/36/CE de l'UE fournit un cadre au sein des États membres, mais les délais de traitement et les exigences varient selon les pays et les professions. Les professions réglementées (médecine, droit, enseignement, ingénierie) exigent généralement des examens supplémentaires ou des périodes de pratique supervisée, quelle que soit l'expérience antérieure.

Commencez le processus de reconnaissance le plus tôt possible. Cela peut prendre des mois ou des années.

Réseaux professionnels

Votre ancien réseau professionnel existe peut-être encore, mais les relations se sont étiolées. Les personnes de retour constatent souvent que leurs contacts ont changé de poste, pris leur retraite ou les ont oubliés. Les réfugiés peuvent n'avoir aucun réseau professionnel local.

Les deux groupes bénéficient du réseautage structuré : associations professionnelles, rencontres sectorielles, réseaux d'anciens élèves, programmes de mentorat. De nombreux pays gèrent des programmes mettant en relation les immigrés et les citoyens de retour avec des professionnels établis. En Allemagne, Make It in Germany met en relation les travailleurs qualifiés avec des employeurs et des ressources de reconnaissance des diplômes. Des programmes similaires existent au Canada, en Australie et en Scandinavie.

Citoyenneté et résidence permanente

Pour les réfugiés, le parcours de la protection temporaire à la résidence permanente puis à la citoyenneté est long. Le HCR identifie l'intégration locale comme l'une des trois solutions durables. La résidence permanente exige généralement plusieurs années de résidence légale continue, une maîtrise linguistique à un niveau défini et des preuves d'autonomie financière.

Les personnes de retour ont généralement déjà la citoyenneté, mais peuvent devoir rétablir leur résidence, se réinscrire aux services sociaux et naviguer dans des systèmes administratifs qu'ils ont quittés il y a des années.

Identité culturelle

L'intégration ne signifie pas l'effacement. Les personnes de retour comme les réfugiés portent des expériences culturelles des endroits où ils ont vécu. L'objectif est une pleine participation tout en conservant la perspective que donne le fait d'avoir vécu ailleurs.

Pour les réfugiés, la pression communautaire à s'assimiler rapidement entre parfois en conflit avec le maintien des liens avec la langue, la cuisine, la religion et les traditions du pays d'origine. Les deux peuvent coexister.

Pour les personnes de retour, vous vous attendiez à reprendre votre place naturellement, et ça n'a pas été le cas. Le pays a changé pendant votre absence. Vous avez changé. S'adapter à cet écart est un processus en soi.